Jeux de la ruse et du hasard :l’illusion en question dans le théâtre comique de Cervantès (1615) - Archive ouverte HAL Accéder directement au contenu
Article Dans Une Revue Comparatismes en Sorbonne Année : 2012

Jeux de la ruse et du hasard :l’illusion en question dans le théâtre comique de Cervantès (1615)

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Résumé

This article inquires into the success of the representation on the European baroque stage of the tricks of fate — as for instance in the tragic or comic motive of the self-fulfilling prophecy. It puts into question the fact that, in most of the established and successful dramatic forms of the period, those representations, however ironic or disturbing they may seem at first, tend to reinforce rather than to unsettle the audience’s belief into the alethic capacities of fiction, insofar as they allow the plays to finally unveil reliable truths about the metaphysical structure of the world, the hidden meaning of historical events or the reality of human relationships. Resting on an analysis of the part played by ruse, stratagems and their representations in three of Cervantes’ Ocho comedias y entremeses nunca rapresentadas (1615), the study analyses the distance voluntarily introduced by Cervantes’ theatre between the successful dramatic model established by Lope de Vega’s comedia nueva and his own “experimental” plays as a kind of Verfremdungseffekt, through which the playwright would display and expose the delusory nature of fictional protocols.
Quel rôle jouent la ruse et sa représentation dans le procès fait au réel par la dramaturgie baroque ? La mise en scène des ruses du destin, notamment sous la forme de la prophétie auto-réalisatrice dans le théâtre européen des années 1580-1630 repose tout d’abord sur le partage entre l’auteur et son public d’une croyance, et d’une attente : c’est en animant l’univers représenté, en prêtant à celui-ci une infinie faculté de tromper avec laquelle les personnages, surestimant leur propre intelligence, tenteront en vain de rivaliser, que l’on peut profiter au mieux du spectacle de leur désillusion finale. Ainsi, l’effet de dévoilement qui accompagne la réussite ou l’échec final des ruses ourdies par les hommes dans une intrigue bien faite semble renforcer paradoxalement l’idée d’une cohérence de cet univers, en même temps que le pouvoir signifiant du théâtre qui l’expose dans sa vérité. De là l’intérêt des dramaturgies expérimentales, développées contre une esthétique dominante et/ou ressentie comme plus fonctionnelle, à l’image du théâtre de Cervantès au moment du règne sans partage de la comedia nueva mise au point par Lope de Vega en Espagne. En s’appuyant sur le traitement des ruses et des stratagèmes dans trois des Huit comédies […] jamais représentées du recueil de 1615, on s’interrogera sur la pratique chez Cervantès d’une forme de distanciation esthétique qui viserait, par la rupture d’un protocole fictionnel admis, à attirer l’attention sur la nature de l’illusion qu’il peut produire.
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Citer

Anne Duprat. Jeux de la ruse et du hasard :l’illusion en question dans le théâtre comique de Cervantès (1615). Comparatismes en Sorbonne, 2012, La Ruse en scène, 3. ⟨hal-03425608⟩

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