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L'amour, entre singularité irréductible et abstraction idéalisante : une clé pour l'histoire et les formes de la fiction littéraire

Résumé : L'amour, relevant moins de la pensée théorique que de l'expérience et de l'affect les plus intimes, semble depuis l'Antiquité un objet privilégié par les poètes et les romanciers. Faut-il que les écrivains représentent des personnages individualisés, appartenant au monde vraisemblable, pour que leur expérience nous touche, et, plus particulièrement, leur sentiment amoureux ? Bien des auteurs qui ont traité de l'amour attirent notre attention sur la singularité de cette relation : l'aimé(e) et l'amant(e) seraient des personnes particularisées, instances de discours et de perception autant qu'actants parfois (voir la bibliographie critique, et les oeuvres citées dans les ouvrages de Lecercle, Loubère, Lepape, Péret, Rougemont, Rousset,Vaillant). Écrire l'amour, ce serait relever le défi de faire partager au lecteur une expérience à nulle autre pareille, mais qui s'éprouve dans le monde que tous partagent. Une tendance critique actuelle valorise le partage du sensible que propose la fictionpartage qui induirait une disposition éthique du lecteur : ainsi de Martha Nussbaum, auteur de La connaissance de l'amour (2010), et philosophe significativement convoquée dans d'autres articles de ce volume. Selon elle, la littérature, et en particulier la fiction, met en scène une expérience que le lecteur peut se réapproprier d'une manière telle qu'il s'enrichit d'une autre perception des choses. La philosophe aristotélicienne prend beaucoup de ses exemples littéraires dans le grand roman réaliste. Or, le réalisme moderne, tel qu'il apparaît au XVIIIe siècle correspond précisément à une grande étape dans la promotion de l'individu dans l'histoire de la mimèsis occidentale : l'amour représenté au niveau de personnages romanesques vraisemblables, dotés d'individualité, s'y exprime-t-il de manière particulièrement efficace ? L'individualité, qui qualifie un être concret, reconnaissable comme tel, doté d'une unité de caractère, ne doit cependant pas être confondue avec la subjectivité. Ce deuxième terme, qui renvoie à l'intimité d'un sujet éventuellement soumis à une puissance supérieure (dans la relation de « sujétion »), convient peut-être mieux, quand il s'agit d'amour-ce que d'autres courants, époques et genres littéraires étaieront, comme on le rappellera dans un deuxième temps. Il reste que ces personnages amoureux particularisés, dotés de subjectivité, représentés par les écrivains, se retrouvent parfois hissés au niveau de
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Contributeur : Catherine Grall Connectez-vous pour contacter le contributeur
Soumis le : mercredi 25 mai 2022 - 21:17:18
Dernière modification le : vendredi 5 août 2022 - 11:22:23

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L’amour, entre singularité ...
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  • HAL Id : hal-03679127, version 1

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Catherine Grall. L'amour, entre singularité irréductible et abstraction idéalisante : une clé pour l'histoire et les formes de la fiction littéraire. L'amour. Création et société, 2018. ⟨hal-03679127⟩

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