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Chapitre D'ouvrage Année : 1995

Preventing danger in the home

Prévenir le péril en la demeure

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Résumé

The French historian of books and reading, Roger Chartier, spoke of the expansion, under the effect of various factors, of the production, distribution and reception of the novel in France from the seventeenth century, and then especially in the eighteenth century, and of the male concerns that the reading of novels by women gave rise to. As a frivolous seducer of consciences, the novel, widely distributed in France and Europe, became one of the suspicious attributes of women's intimacy from the 17th century onwards. Following the casuists of the Catholic Church, a new body of experts in the process of becoming professional and autonomous from other medical disciplines, i.e. doctors specialising in female nervous pathologies (Bienville, Tissot, etc.), investing the "model of the two sexes" - well analysed by the historian Thomas Laqueur - then seized upon the theme of the dangerousness of women's reading of novels in their treatises, with a view to serving disciplinary, corporatist as well as moral and political interests. Pathologising the phenomenon, they thus participated in the invention of a commonplace with multiple contents and uses: the 'lasciviousness' of women's reading, and its socially and politically subversive character. Promptly relayed by certain philosophers, the medical supervision of women inner world thus contributes to the stigmatisation of their reading of novels.
L’historien du livre et du lire Roger Chartier a évoqué l’élargissement, sous l’effet de facteurs variés, de la production, de la diffusion et de la réception du roman en France à partir du XVIIe, puis surtout du XVIIIe siècle, et les inquiétudes masculines que sa lecture par les femmes a suscitées. Séducteur frivole des consciences, le roman dorénavant largement diffusé en France et en Europe, devient de fait l’un des attributs suspicieux de l’intime féminin dès le XVIIe siècle. Á la suite des casuistes de l’Église catholique, un nouveau corps d’experts en voie de professionnalisation et d’autonomisation par rapport aux autres disciplines médicales, les médecins spécialisés dans les pathologies nerveuses féminines (Bienville, Tissot...), investissant le « modèle des deux sexes » - bien analysé par l’historien Thomas Laqueur -, se saisissent alors dans leurs traités du thème de la dangerosité des lectures romanesques féminines, en vue de servir des intérêts tant disciplinaires, corporatistes que moraux et politiques. Pathologisant le phénomène, ils participent ainsi de l’invention d’un lieu commun aux contenus et usages multiples : la « lascivité » des lectures des femmes, et son caractère socialement et politiquement subversif. Relayé promptement par certains philosophes, l’encadrement médical du for intérieur féminin participe ainsi de la stigmatisation de leurs lectures romanesques.
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Citer

Isabelle Charpentier. Prévenir le péril en la demeure : Les lectures féminines ‘lascives’ : de l'encadrement médical du for intérieur au contrôle social (XVIIème – XVIIIème siècles). Claudine Haroche. Le For intérieur, Presses Universitaires de France, pp.305-324, 1995, Collection Publications du Centre universitaire de recherches administratives et politiques de Picardie (CURAPP), 2-13-046312-6. ⟨hal-03689788⟩
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